nov 17

On a cru longtemps dans notre vieux pays qu’accéder à la réputation supposait talent, travail et du temps pour dépasser la simple notoriété ou l’image d’un moment. La réputation serait ainsi un regard social, un jugement plus ou moins bienveillant suivant la morale en cours.

Comment alors expliquer que deux petites années aient suffi à Emmanuel Macron pour bousculer les étapes et acquérir la réputation de Président de la République qui a fait défaut à son prédécesseur ?

Le Talent, il n’en manque pas. Hollande était plus habile, limite combinard, que fin politique. 9 mois avant l’élection il flirtait avec les 3% d’intentions de vote, avant de rafler la mise par défaut.

9 mois avant l’élection, Macron créait le mouvement « En marche », dans l’enthousiasme et peu de crédit. Plombés par leurs idéologies, leurs querelles, les vieux partis se sont disqualifiés et ont ouvert un boulevard.

Macron est devenu le chouchou des medias et Mélenchon, celui de la rue…pour un temps.

Dans la pagaille, le choix est devenu évidence.

Elu, il préfère l’image à la parole, demande à ses ministres d’expliquer, se réservant celui de diriger, d’avancer à marche forcée, d’être là où on ne l’attend pas et de faire ce qu’on ne croyait pas qu’il ferait. Un moment déboussolés, les journalistes se sont sentis réduits au commentaire. Bien sûr, il y a eu quelques maladresses qui ont suscité un bavardage médiatique rappelant les ex.

Aujourd’hui, les louanges sont partagées devant un président qui maîtrise l’effet miroir de la couverture du Time, ose parler « vrai » aux grands de ce monde, rappelle le rôle de la France sur la scène internationale, invite à Paris un Premier Ministre libanais semi-otage…Président des riches, sans doute et sans surprise, transgressif annoncé, il bouscule, prend le haut de la vague et surfe sur les bonnes nouvelles économiques et même sportives (JO, rugby,…), même s’il n’y est pas pour grand chose !

Pourvu que ça dure

Pino étonné

juin 06

On a cru longtemps se rassurer en affectant de croire que la mauvaise image des français n’affectait pas la réputation de la France.

Et, il est vrai que l’on entend plutôt de la part de nos voisins – même les plus lointains – « j’aime la France » que « j’aime les français » !

Comme si l’histoire de la France n’était pas le produit de nos heurs et malheurs.

Bien sûr, la réécriture de notre glorieux passé insiste davantage sur le siècle des Lumières et le pays des « Droits de l’homme », que sur les moments douloureux …rappelés avec maladresse, ou manipulés.

Suivant le dicton, on ne saurait « être et avoir été ». Et de citer les grands empires, royaumes, dictatures, qui dominèrent le monde, et sont passés aux oubliettes. Rappeler cette vérité n’explique ni n’excuse notre déclin, qui après avoir touché notre réalité économique s’attaque désormais au patrimoine le plus précieux d’un vieux pays : notre réputation.

Ne pas être aimé, n’est guère agréable, titille notre orgueil, mais peut être inscrit dans un épisode de la vie nationale. En revanche, devenir le pays à qui l’on ne fait plus « confiance » et qui perd ainsi – année après année – toute attractivité, ouvre la porte à l’oubli, à la sortie des livres d’histoire. Ce risque est d’autant plus grand que la génération numérique, accélère la confusion entre image et réputation.

La réputation, autrefois solide, fondée sur du talent, du travail et du temps, s’inscrit dans la mémoire longue. Aujourd’hui, la mémoire longue est dans des livres, qui, numérisés pour la plupart, entrent en concurrence avec l’information au quotidien. Une image chassant l’autre, la vérité repose sur la dernière projetée dans les réseaux et la scène médiatisée. Heureusement, il reste quelques « penseurs », philosophes ou simples polémistes. Mais, leur temps de parole est désormais compté et le public, pour ne pas sombrer dans la réflexion, leur préfère les commentateurs qui cèdent à la facilité de l’actualité et ses contradictions.

Bref, nous sortons en douceur de l’histoire, et surtout semblons nous accommoder de cette soi-disant fatalité.

En un siècle, nous sommes passés de la troisième à la sixième place en tant que « puissance », et le rythme s’accélère !

Et surtout, nous passons doucement à la trappe, en ce qui concerne les intentions d’ « investir » chez nous. On nous « visite », mais de moins en moins.

Il n’y a plus de « désir de France »…qui aurait précédé l’ « amour » de notre pays.

Ne parlons pas du quotidien, des renonciations, des grèves iconoclastes, des réformettes, du manque d’ambition, de vision, d’autorité,…qui déconstruisent le pays et affectent son patrimoine réputation. Certains voyaient en la France un pays-musée ; encore faudrait-il accueillir correctement les visiteurs ?…ce qui est loin d’être le cas en ces jours d’Euro de football !

Dans quelques mois, viendra le temps des promesses, et avec bon sens, parions que les français auront les dirigeants qui leur ressemblent.

D’une manière générale, les masochistes que nous sommes, aiguillonnés par les hommes politiques et par les medias, n’en finissent pas de battre leur coulpe, de se repentir de tout et de rien, par crainte d’être accusés d’orgueil ou d’amnésie.

C’est au point que, dans ce pays de procureurs, nous nous sentons devenir des coupables…Albert Camus écrivait à propos de la République : «  Il est bon qu’une nation soit assez forte de traditions et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir encore de s’estimer elle-même. Il est dangereux, en tout cas, de lui demander de s’avouer seule coupable, et de la vouer à la pénitence perpétuelle ».

Pino nostalgique

mar 27

Pour bâtir une réputation il faut du talent, bien sûr, du travail et du temps.

S’agissant d’une réputation de Président, le temps peut être compensé par l’argent mobilisé par le candidat ou ses amis, nombreux ou puissants. Mais, quelle que soit la mise, elle ne remplace pas la résonnance des idées avec celles de l’opinion du moment.

Avec JFK, Bill Clinton et plus récemment Barack Obama, la force des idées se fondait sur le « rêve américain ». Et le monde d’espérer !

Avec la plupart des candidats actuels, il se fonde sur le repli et la peur, pour garder son statut individuel ou collectif. Et le nationalisme de se réveiller.

Dans la vieille Europe – caricaturalement en France – et s’agissant toujours de la réputation du Président, on fait davantage confiance au temps qu’au talent. On préfère une promesse, même implicite, de médiocrité, à l’aventure des idées.

La clé du succès électoral est de s’engager à préserver notre modèle social.

Le pays berceau de la révolution est le seul à avoir inscrit le principe de précaution dans sa constitution !

Pour « un » Emmanuel Macron, critiqué par son camp pour n’être pas du sérail politique, on ne rencontre que des routiers de la politique blanchis sur les bancs du syndicalisme étudiant et recasés, embourgeoisés par le « système ». Il est vrai que les réussites de ministres venant de la société civil ne sont pas légions. Aux Finances, certains disent que Thierry Breton ou Christine Lagarde s’en seraient plutôt bien « tirés » ; en tout cas mieux que Francis Mer, plein de certitudes, n’écoutant personne et empêtré dans ses propres réseaux patronaux. En réalité, ils n’ont été bien souvent que des alibis dans un monde de « professionnels », peu enclin à la fraternité. Les ouvertures de Giscard, les Juppettes, les Sarkozettes, et même les récentes nominations du gouvernement Valls 2, tiennent plus de la combinaison que d’une équipe de combat. De toutes façon, il y aura toujours « des » Placé, qui ne sont des « poils à gratter », pour rêver d’un maroquin et vendre leur âme au diable ; peu importe la couleur !

Mais revenons à l’ouvrage de Theodore White, The making of the President.

Machiavel est la référence sur les tactiques et stratégies pour garder et renforcer son pouvoir. White est clairement la référence d’aujourd’hui, pour qui veut le conquérir. Ecrit en 1960, le livre du journaliste, raconte au travers de la campagne de JFK, ce qu’est une campagne multimedia moderne pour conquérir le pouvoir lorsqu’on est intelligent, séduisant, plein de charisme et d’argent. Mais le livre illustre surtout la force d’une idée plus que d’une promesse. Lorsque l’idée rencontre l’opinion, la rumeur verbale, sociale ou numérique fait le reste. La promesse inquiète de plus en plus. A juste titre. Il faut y mettre les moyens, humains et financiers pour la soutenir, surtout si le passé la contredit. Bien sûr, on peut comme en France, faire du neuf avec du vieux. Mais en regardant autour de nous, c’est plutôt avec du neuf, et peu d’occasion, qu’on voit nos voisins redresser la barre, puis la tête.

Mas après tout, rien n’est joué, et il est probable qu’en France ce sera plus avec du courage que de l’argent (surtout celui des autres) que l’on fera bouger les choses.

Pino agaçé

déc 13
Le Général de Gaulle avait voulu que la responsabilité suprême de la nation soit exercée par un homme qui ait une relation singulière avec les français.

C’est l’esprit de la Vème République et très peu son vécu.
A part le général, aucun Président ne peut revendiquer cette proximité. Nos présidents sont tous des hommes de parti.
Mitterrand fut sans doute celui qui incarna le mieux l’alternance politique, avant, raison oblige, de se mettre au service des français et de marginaliser son propre parti. La première guerre d’Irak fut pour lui l’opportunité de revendiquer le statut d’homme d’Etat.
Les conflits rassemblent et c’est dans le danger que l’on reconnaît les leaders et leur attribue un statut qui dépasse les urnes et les clivages.
Chirac en s’opposant à Georges Bush s’affirma comme un homme d’Etat, malgré un bilan national plutôt maigre. A l’observation, nos présidents ne sont pas vraiment des « va t’en guerre ». Leur appréciation de l’intérêt du pays prend le pas sur le calcul; faisons leur au moins ce crédit. Il n’empêche que le meilleur moyen de se créer une réputation d’homme d’Etat est d’apparaître en Chef de guerre, quelle qu’elle soit.
Au-delà de la réalité du danger, c’est la mise en scène du rôle de chef, qui installe la fonction et peut-être le statut.
Etre perçu comme un homme d’Etat ne manque pas d’avantages. Celui-ci ne s’occupe pas du quotidien. Il a une vision, prépare l’avenir et ne saurait être jugé sur ses résultats à court terme. Comment lui faire grief d’avoir oublié la plupart de ses promesses? Faute de s’occuper des français, il est en charge de la France, de sa place dans l’histoire et dans le monde.
Cultivé et habile, François Hollande connaît bien l’histoire de France. La chance l’a porté à l’Elysée. Nos malheurs le remettent en scène. Et il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il est à la hauteur de la fonction, s’agissant de la France. Ses efforts, complaisamment mis en image et commentés, soulignent ses récents engagements, mieux tenus que ses promesses.
Homme d’Etat, il ferme la porte à toute velléité dans son propre camp et rend dérisoires les querelles de ses adversaires politiques.
Il s’est présenté comme un « président normal », et s’épanouit dans les difficultés. Celles du quotidien se conjuguent au présent et au futur immédiat, et malgré les coups de menton, les « déclarations de guerre » tardives au chômage, les électeurs constatent la désolante réalité de leur situation.
Le capital réputation de François Hollande se construit hors frontières, mais continue de se dégrader sur le terrain.
A suivre, sans cynisme.
Pino
jan 22

Après plus de deux années de doute voire de rejet, François Hollande retrouve le score moyen d’un Président de la République normal. A coup sûr, ses maladresses et hésitations ne méritaient pas tant d’indignités. Il est vrai que, sentimental, il s’était placé sur le terrain de l’émotion, faussant ainsi le jugement, exagérant les écarts. Sur l’échelle d’un « j’aime – je n’aime pas », on est à la merci des événements. La plupart vous sont défavorables, car il n’y a rien de plus fragile qu’une côte d’amour ; la déception est au coin de la rue. Le public est versatile, tout comme une compagne, à qui l’on a trop promis. « Qui aime bien châtie bien » souligne le proverbe. Pour qu’un couple dure, il faut qu’à l’amour s’ajoute ou succède la confiance, le respect, sinon gare !

Se déclarant « normal » Hollande avait fait le choix d’une relation émotive, quasi affective avec le public; un territoire que la gauche « sociale » revendique souvent. D’un côté, les libéraux, froids, conservateurs et insensibles aux malheurs des autres. De l’autre, une gauche généreuse, fraternelle sinon partageuse. Bonne pioche pour être élu ou choisi comme compagnon. Plus dur à tenir dans le réel. Ayant promis beaucoup, à ses amis et aux électeurs, François Hollande ne pouvait que décevoir sur le fond. Maladroit dans ses gestes, brutal quelquefois, emprunté dans son costume de Président, l’homme avait perdu du superbe de la fonction. Et comme, suivant La Bruyère, « le style, c’est l’homme », il n’en fallait pas plus pour flirter avec les abîmes de la côte d’amour. On lui avait prêté un moment la réputation d’un Chef d’Etat, mais, avec l’aide de ses faux-amis et un cortège de mauvaises nouvelles, le doute s’était insinué.
Bon tacticien, François Hollande a compris que faute de réputation d’autorité et même de compétence, il pouvait louer à bon compte celle de ses proches. En choisissant Manuel Valls, il faisait d’une pierre deux coups. S’assurer de la loyauté d’un vrai dur talentueux, tout en empruntant une partie de sa réputation de « patron ». Ecarter les frondeurs « officiels » comme Montebourg, pour s’attacher des libéraux compétents comme Macron, fut un exercice facilité par l’égo surdimensionné des turbulents.
Mettre en scène avec brio les événements favorables à une présidentialisation est un exercice qu’il apprécie, et la fin 2014, lui en offrit l’opportunité.
Mais, le « grand virage » relevé dans les sondages, fut évidemment son excellente (presque trop !) gestion des attentats du début d’année. Il en tire un double bénéfice. D’abord, dans l’émotion, sa côte d’amour a explosé. Après avoir sans doute exagéré dans le désamour, les français, légitimistes et justement troublés, se sont réunis autour du Chef d’Etat. Cet « excès » d’affection ne saurait durer à ce niveau. L’autre bénéfice est plus profond. En occupant au mieux la fonction présidentielle, François Hollande en a acquis une part de réputation. Il a gagné en « confiance », ce qui dans le temps est plus précieux qu’une affection, forcément volatile.
Car si l’amour est un sentiment, la confiance est un capital, mobilisable, le moment venu. Pour atténuer l’effet des mauvaises nouvelles, pour réveiller un passé respectable.
Rendre fier dans le malheur demande un talent…de leader.

Pino contrit

jan 04

La réputation se construit dans le temps!…tout au moins dans la vieille Europe.

Rares sont les entreprises qui ont « réussi à se faire un nom » dans les dernières années et qui ont conjugué réputation et succès économique. Aux Etats-Unis, le Reputation Institute a calculé qu’il fallait en moyenne 40 ans à une entreprise pour accéder à la réputation. En France, il faut être centenaire! Plombé par une histoire pleine de chicaneries, l’Europe a du mal à faire confiance à ses talents. Paradoxalement, l’Europe, qui connait si bien le poids de l’histoire, devient impatiente. Après avoir sacrifié à la mémoire longue, sous la pression des nouvelles technologies et des réseaux sociaux nous vivons désormais dans l’urgence. Avec l’épée de Damoclès de l’environnement, on se presse aux portes du succès rapide, financier, politique, professionnel et même dans la vie privée où le zapping devient presque banal.

Dans la vie politique ou économique, qui ne font que refléter la mise en scène des valeurs culturelles du moment, le constat est le même.

« Avant » on construisait une « carrière » politique, avec ses passages obligés. Aujourd’hui,  la notoriété remplace l’expérience. La réputation acquise sur les tatamis, les terrains, ou dans les banques, est extensible à une fonction publique. Comme si la politique (un moment captée par les fonctionnaires!) s’ouvrait aux amateurs populaires. La sanction de l’amateurisme se traduira en général dans les urnes.

Dans la vie des affaires, et notamment en Bourse, le citoyen devenu actionnaire n’aime pas trop les amateurs. Il est vrai qu’avec le temps, et la reconnaissance sociale, les entreprises les plus réputées sont les plus performantes, celles qui récompensent le mieux leurs actionnaires. Aux Etats-Unis, on investit en Bourse, en France on épargne! L’argent tourne moins vite: sans doute faut-il y voir aussi une raison de notre difficulté à rebondir?

Le bon côté des choses, la récompense de la fidélité réciproque, est que pour les plus patients d’entre nous, la réputation reconnue paie…à terme, notamment en Bourse.
Créé il y a plus de 20 ans…l’Observatoire de la réputation réalise régulièrement des études de notation des entreprises du CAC 40 sur le seul critère de leur réputation.

Le Reputation index qui rassemble les 10 sociétés les mieux notées (RRRRR et RRRR) est un excellent indicateur pour valider l’hypothèse de la « survaleur » qu’apporte la réputation en Bourse, à moyen terme. Et, à l’aube de 2015, l’hypothèse est à nouveau confirmé: la réputation ça paie!

Alors que l’indice CAC 40 ne progresse que de 9% depuis le 1er janvier 2010, les 10 sociétés les plus réputées (Reputation index) progressent en moyenne de 46%. En Bourse la patience est récompensée; encore faut-il entretenir la flamme? Ainsi des champions de la réputation classés RRRRRR en 2010, avec + 119% pour Essilor et + 47% pour Air Liquide.

La réputation est une promesse…à moyen terme. A court terme, et c’est vrai aussi en politique, elle apporte peu car le citoyen ou l’actionnaire préfère voir que courir. A tort. Les vrais gagnants sont ceux qui savent prendre le temps et font confiance au talent.

Bonne bourse!

Pino patient

août 04

François Hollande n’est jamais si éloquent que lorsqu’il réveille le passé.

Et l’année 2014, avec le débarquement, les centenaires de Jaurès, l’anniversaire de la déclaration de la Première guerre mondiale, sans oublier les événements sportifs, artistiques, ou même les catastrophes, l’ont plutôt gâtés.

Le public apprécie, pour le moment.

Avec de belles paroles et des images soigneusement triées, la cote d’amour remonte. Il faut dire que le citoyen aime bien son côté IVème République, limite « congés payés » ; une victoire de la gauche qu’il se plait à rappeler. Alors que son Premier Ministre crie « au feu », attribuant tous nos déboires à l’Europe, le Président, sourd et myope sans doute, nous promet la lune pour la fin de l’année.

En panne du respect naturellement due à la fonction, il cherche la reconnaissance en commémorant « à tout va », car se pencher sur un passé glorieux ou compatir devant les drames du présent remplit l’agenda. Bien sûr, il faut une bonne plume et un bon acteur. Côté acteur, celui qui nous promettait le changement, n’est pas dénué de talent. La plume s’achète et se jette lorsqu’elle profite de la faiblesse du prince.

Les critiques glissent sur cet éternel optimiste, dont les sobriquets retrouvent un écho dans le réel. Fatigués (35 !!!!),  mais avec des vacances raccourcies, les Français seraient-ils résignés ? Dans cette quasi torpeur politique, alors que la situation internationale a rarement été aussi tendue, l’action présidentielle illustre le manque de discernement, la petitesse de vue et la médiocrité des ambitions.

Inconsistant sur la grande scène, François Hollande laisse désormais à son Premier Ministre le soin de dénoncer les boucs émissaires expliquant son échec. Et, d’abord Bruxelles ! Il devient même capricieux, voulant y imposer Pierre Moscovici  comme Commissaire aux Affaires économiques. Un vrai gag aux yeux de nos voisins plus exigeants sur les compétences démontrées, et la rigueur minimum.

Bref, le Président, occupe le terrain, lance des polémiques mineures, entretient les petites querelles, enfume ses faux amis, et endort les autres.
Bonnes vacances.

Pino désabusé

fév 13

La visite d’Etat de François Hollande chez nos cousins américains relève davantage d’un coup tactique de relations publiques, au mieux d’un voyage diplomatique, que d’une opération de promotion de la marque France.

Le président normal était davantage un objet de curiosité qu’un Président respectable. Bien sûr, l’élégance naturelle de ses hôtes, et leur intérêt pour celui qui fait une partie du job à leur place, à moindre coût, a suscité quelque indulgence.

Cette visite officielle ne laissera que peu de traces de part et d’autre de l’Atlantique. Espérons au moins qu’elle a initié le chef de l’Etat aux vertus d’une démocratie libérale. Si la réputation se résume au regard des autres, relayé par les media, la lecture de la presse américaine est bien décevante. Faute de grande figure dans l’actualité qui aurait pu soutenir une réputation enviable, il faudra se contenter des clichés d’un pays musée où l’on mange  et boit bien, aux habitants grincheux et plus portés sur la bagatelle que sur l’effort.

Le retour au pays sera dur pour celui qui promettait tant : nos voisins britanniques et allemands revoient leur croissance à la hausse pour accrocher les 3%, alors qu’un petit 1% tracté par la reprise mondiale, devrait être confirmé chez nous ! Et ce n’est pas en lançant chaque semaine un nouveau débat de société que l’on améliorera notre situation et notre réputation.

Quand au regard de nos concitoyens sur leur Président, on le souhaiterait respectueux de la fonction, mais hélas les images sont plus prégnantes que les promesses et l’inconstance dans la vie privée ne rencontre la compréhension, voire la complicité, que si les résultats sont au rendez-vous. Heureux dans ses aventures, François Hollande l’est aussi paradoxalement dans sa vie publique, faute de concurrents sérieux!

Pino nostalgique

jan 24

L’image écornée du président peut-elle affecter la réputation de la France ?

Pour les français, les frasques amoureuses du président relèvent de l’anecdote. Bien sûr, les photos volées accentuent le ridicule d’une situation banale. Mais personne ne lui en veut vraiment, comme le confirment les « sondeurs ». Chacun préfère un président heureux et optimiste, à un élu frustré sous la coupe d’une « première dame » revêche et de passage. Déjà peu crédible, il sera davantage jugé sur le fond que sur ses aventures.

Avec le temps, Mitterrand le dispute à De Gaulle dans l’estime des français, avec des vies sentimentales opposées. De Gaulle, par conviction, Mitterrand, par opportunisme, laisseront leur trace dans l’Histoire. Les autres auront été, au mieux, des gérants en commandite, avec des fortunes variables. Pour avoir négligé la voix de la France, et trop pensé aux voix des Français, la postérité les oubliera. Car la réputation d’un pays se forge sur ce qu’il fait et sur ce qu’il dit. Nulle parole honteuse n’y contribue.

En traversant les frontières, les traces de chacun dans les esprits et les écrits, sont bien différentes. L’un a marqué par ses mots et ses actes, l’autre a géré un moment de la vie d’un « vieux pays ». Au-delà de la puissance, ce sont les hommes publics, artistes, sportifs, politiques qui témoignent du passé d’un pays, contribuent à bâtir sa réputation. Et, c’est le temps qui consacre cette réputation et non l’anecdote, même imagée. L’anecdote s’inscrit dans la mémoire courte, les actes, les exploits, les œuvres font l’Histoire.

Affirmer aujourd’hui que notre réputation s’est dégradée, c’est méconnaître le fait que les valeurs qui nous rassemblent dans le temps sont plus fortes que celles qui nous séparent dans l’instant. L’image, fondée sur une relation émotive, varie au gré des humeurs, et il est sûr que l’opposition frontale à propos de l’Irak a entraîné aux Etats-Unis une réaction de franche hostilité … mais de courte durée.  L’épilogue de « l’affaire DSK » s’inscrit dans un mauvais feuilleton, peu glorieux. L’épisode du président-motard casqué puis démasqué rencontre plus le sarcasme que le sourire complice.

Ainsi, se construit une réputation, comme un film, avec une addition d’images, plus ou moins prégnantes, souriantes ou respectables. Et l’Histoire retient autant les anecdotes que les rares moments de gloire.

Pino et la mémoire longue

jan 15

On croit à tort que l’excès porte préjudice à la réputation, alors que l’excès n’est qu’une affirmation, voire une exagération de ce que la réputation laissait pressentir. Une image, davantage chargée d’émotion, dans le film de la réputation, sur fond de valeurs plus ou moins partagées. Bref, l’affiche du film, ou plutôt « une » affiche, car la réputation d’une personne, d’une entreprise, d’un pays, ne se construit pas en un jour.

Certaines images, qui contrarient la morale de l’époque, révèlent une facette peu recommandable du comportement d’un personnage. Longtemps ignorant, incrédule ou complice, le public est à l’affût des écarts de la vie des puissants. DSK, bien connu pour ses « exigences », n’a connu la disgrâce que par ses excès médiatisés.

Qui aime bien châtie bien, et longtemps.

Le haro sur Gérard Depardieu est d’une autre nature. S’installer en Belgique pour des raisons fiscales avait un côté « petit » pour un acteur si généreux à l’écran. La maladresse du Premier ministre, qualifiant de « minable » son comportement a en partie récupéré lcet écart. Car, après tout, le génial artiste n’est pas un voleur !

En revanche, la commedia dell’arte russe, illustrée par l’accolade de Poutine, la remise du passeport, ne font que renforcer la réputation de Depardieu. Personnage formidable, imprévisible, souvent fascinant Raspoutine, comment reprocher à Gérard Depardieu d’être dans la vie comme il est dans ses films ?

Les plus grands acteurs du siècle n’étaient pas tous de gentils garçons ou des mamans attentionnées. Au hasard, Jean Gabin, Bourvil, Frank Sinatra, Marylin…

En matière de réputation et pour mieux l’installer, on ne fait pas dans la dentelle.
La neutralité condamne à l’anonymat.
De là à s’installer à Méchin !

Pino cinéphile