oct 02
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui engage – en principe – les pays membres des Nations-Unis, retient les droits fondamentaux issus pour la plupart des déclarations en Amérique, en France et en Angleterre. il s’agissait surtout d’affirmer les droits des « individus » à la liberté, l’égalité, la justice,..puis vinrent l’éducation, la santé et un cortège d’interdictions, qui, comme la torture, ne furent signées, en toute hypocrisie, que pour la forme. Les « promesses n’engagent… », et, « à circonstances exceptionnelles… »
Depuis, on a inventé, sans l’écrire, le droit d’ingérence et en France, pays conservateur s’il en est, on a même ajouté le « principe de précaution », considérant l’audace comme un risque inacceptable.
L’actualité vient contredire les belles intentions et il serait bon d’analyser avec réalisme l’application de ces textes votés dans l’enthousiasme, et de les mettre en accord avec nos comportements.
Prenons par exemple notre droit à la liberté ou l’égalité.
En affirmant la « liberté de la presse » les rédacteurs avaient une vue univoque de ce qu’elle signifiait: le droit de quelques uns à s’adresser à tous sans subir la censure du pouvoir. Ce premier pas vers plus de démocratie déboucha hélas sur plus de propagande. Le pouvoir, sous toutes ses formes, récupéra cette liberté, pour orienter ou mieux tenir une opinion avide de nouvelles et de points de vue. Il s’agissait d’ »informer » le public. Le contre-pouvoir se trouve dans la presse concurrente.
Mais, le droit d’informer n’a rien à voir avec le droit de communiquer.
Avec les medias du XXème siècle, il ne reste qu’un vague droit de réponse, pour contredire la version médiatique.
Aujourd’hui, tout a changé! Tel blogger diffuse sur Facebook des images que reprennent les medias officiels, créant ainsi le débat au mieux, le buzz bien souvent, le bazar au pire.
La crédibilité des « grands » quotidiens, comme le Monde est discutée. Et surtout, face à une « information », la multiplication des prises de parole crée une confusion que les plus habiles savent exploiter. Bref, tout le monde communique. Le mobile à l’oreille et plus souvent en utilisant le clavier qui permet de faire partager ses petits et grands bonheurs, soucis, ou positions. Pour le meilleur et pour le pire. Devant cette réalité, qui consomme selon les experts, une à deux heures de notre quotidien, il y a une profonde et double inégalité: matérielle et culturelle.
Matérielle, à l’évidence:. Un quart de la population mondiale serait équipé de mobiles et encore moins de smartphones. Pour les « réfugiés », l’usage d’un outil de communication est indispensable pour savoir à quelle sauce ils risquent d’être mangés. Quelle frontière s’ouvrira? Pour qui? Quelles formalités? Quelle aide espérer? Quels droits revendiquer?
Culturelle, en prime. Il ne suffit pas d’avoir l’outil, encore faut-il en tirer le meilleur parti? Entre celui qui peut appeler quelques numéros amis, et celui qui maitrise l’accès aux réseaux sociaux, porte ouverte à une solidarité souhaitée, il y a un gouffre. Ce qui est vrai des réfugiés, l’est aussi de beaucoup d’entre nous, vite dépassés par une technologie pas toujours facilement accessible.
Alors que la communication prend souvent le pas sur les faits, reconnaissons que nous ne sommes pas égaux face à cette nouvelle exigence.
Alors, pourquoi ne pas créer un « droit à communiquer ».
Le droit d’informer s’adresse à des « sujets », celui de communiquer ouvre la voie à une citoyenneté active.
Pino communique

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