déc 13
Le Général de Gaulle avait voulu que la responsabilité suprême de la nation soit exercée par un homme qui ait une relation singulière avec les français.

C’est l’esprit de la Vème République et très peu son vécu.
A part le général, aucun Président ne peut revendiquer cette proximité. Nos présidents sont tous des hommes de parti.
Mitterrand fut sans doute celui qui incarna le mieux l’alternance politique, avant, raison oblige, de se mettre au service des français et de marginaliser son propre parti. La première guerre d’Irak fut pour lui l’opportunité de revendiquer le statut d’homme d’Etat.
Les conflits rassemblent et c’est dans le danger que l’on reconnaît les leaders et leur attribue un statut qui dépasse les urnes et les clivages.
Chirac en s’opposant à Georges Bush s’affirma comme un homme d’Etat, malgré un bilan national plutôt maigre. A l’observation, nos présidents ne sont pas vraiment des « va t’en guerre ». Leur appréciation de l’intérêt du pays prend le pas sur le calcul; faisons leur au moins ce crédit. Il n’empêche que le meilleur moyen de se créer une réputation d’homme d’Etat est d’apparaître en Chef de guerre, quelle qu’elle soit.
Au-delà de la réalité du danger, c’est la mise en scène du rôle de chef, qui installe la fonction et peut-être le statut.
Etre perçu comme un homme d’Etat ne manque pas d’avantages. Celui-ci ne s’occupe pas du quotidien. Il a une vision, prépare l’avenir et ne saurait être jugé sur ses résultats à court terme. Comment lui faire grief d’avoir oublié la plupart de ses promesses? Faute de s’occuper des français, il est en charge de la France, de sa place dans l’histoire et dans le monde.
Cultivé et habile, François Hollande connaît bien l’histoire de France. La chance l’a porté à l’Elysée. Nos malheurs le remettent en scène. Et il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il est à la hauteur de la fonction, s’agissant de la France. Ses efforts, complaisamment mis en image et commentés, soulignent ses récents engagements, mieux tenus que ses promesses.
Homme d’Etat, il ferme la porte à toute velléité dans son propre camp et rend dérisoires les querelles de ses adversaires politiques.
Il s’est présenté comme un « président normal », et s’épanouit dans les difficultés. Celles du quotidien se conjuguent au présent et au futur immédiat, et malgré les coups de menton, les « déclarations de guerre » tardives au chômage, les électeurs constatent la désolante réalité de leur situation.
Le capital réputation de François Hollande se construit hors frontières, mais continue de se dégrader sur le terrain.
A suivre, sans cynisme.
Pino

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